Quatre autres membres des forces de l’ordre ont été tués au cours des combats, a affirmé un porte-parole des taliban qui, par ailleurs, a annoncé que le centre administratif de Rashidan et plusieurs véhicules appartenant au gouvernement local ont été incendiés.
Selon un habitant, les rebelles ont sillonné la ville à moto pendant six ou sept heures avant de se retirer, ouvrant ainsi la voie à une reprise vendredi soir de la ville par les forces gouvernementales.
Frontalier de la province du Wardak, le district de Rashidan ne se trouve qu’à une vingtaine de kilomètres au nord du chef-lieu de la province de Ghazni. L’année dernière, le district avait déjà été brièvement occupé par les rebelles.
La province a également été le théâtre ces derniers jours d’un enlèvement et de nombreux combats meurtriers.
Jeudi, un entrepreneur français de 37 ans a été enlevé dans le district de Gelan alors qu’il circulait sur la route reliant Kandahâr à Kaboul avec deux de ses collaborateurs et son chauffeur. Directeur d’une entreprise de construction franco-afghane, il effectuait alors une visite d’un de ses chantiers. C’est sur cette route qu’en juillet dernier 23 évangélistes sud-coréens avaient été enlevés. Deux d’entre eux avaient été tués.
Le même jour, « plusieurs insurgés » ont été tués et seize autres arrêtés au cours d’une opération de la coalition dans le district d’Andar, a affirmé la coalition sous commandement américain dans un communiqué. « Au cours d’une perquisition, les forces de la coalition ont été menacées par plusieurs insurgés et ont répliqué par des tirs d’armes légères, tuant les insurgés », a indiqué la coalition sans préciser leur nombre.

- Taliban posant devant une jeep de la police détruite lors de la prise de Rashidan en mai 2008
- Crédits : AP Photo by Rahmatullah Naikzad
Cependant, le gouverneur du district, Abdoul Rahim Daisiwal, a affirmé qu’un homme et un enfant avaient été tués au cours de l’opération et que 17 individus avaient été arrêtés, sans pouvoir toutefois préciser si la victime adulte et les personnes arrêtés étaient des insurgés ou des civils. « La nuit dernière, ils ont attaqué une zone du district d’Andar sans nous informer au préalable. Ils ont tué un homme et un enfant et emmené dix-sept personnes avec eux », a-t-il expliqué tout en annonçant l’ouverture d’une enquête.
Depuis 2005, les taliban ont progressivement pris le contrôle de la province de Ghazni, réduisant l’autorité du gouvernement à la seule ville de Ghazni, chef-lieu de la province. Traversée dans la principale route qui relie Kaboul au sud et à l’ouest, la province a été une étape importante dans la stratégie des rebelles qui consiste à remonter de la ceinture tribale du sud et du sud-est en direction de Kaboul.
Leur retour dans cette région s’est fait par capillarité, à partir des provinces du sud-est où le fer de lance de la rébellion dans cette région, Djalaloudine Haqqani, dispose de bastions, de relais tribaux, et d’un terrain de replis dans la zone tribale pakistanaise. Les taliban ont bénéficié du soutien de cercles religieux ultra-conservateurs et de la réactivation d’anciens réseaux de partisans, y compris au sein de l’éthnie hazara, qui ont su encadrer les nouvelles recrues.
Lorsque des figures locales ont tenté d’enrayer cette progression, les taliban ont utilisé les armes de guerre psychologique : intimidation et assassinats ciblés. En mars 2006, le gouverneur de la province au début des années 1990, Qari Baba, était assassiné peu de temps après avoir annoncé son intention de reprendre en main le district d’Andar et d’en chasser les taliban qui, au cours des mois précédents, avaient éliminé vingt-huit officiels dans ce district.
Les rebelles ont également profité des carences des autorités locales qu’illustrent les changements fréquents de gouverneur. Samedi, le Docteur Mohammad Osman a pris ses fonctions. Il remplace Sher Khosti, ancien présentateur du journal télévisé qui n’a tenu que deux mois.
Avec Reuters,Pajhwok et AFP


