L’opération s’est déroulée en deux temps, combinant un attentat-suicide à un assaut conventionnel. Tout d’abord, « nous avons d’abord lancé deux véhicules bourrés d’explosifs, dont un camion-citerne, contre le mur d’enceinte », a déclaré à l’AFP un porte-parole des taliban, Yousouf Ahmadi. Une fois le mur d’enceinte éventré, « nos moudjahidine pilotant des motos ont pénétré dans la prison et tué les gardiens », a-t-il poursuivi. Cette version est conforme au déroulement des événements présenté par les autorités afghanes.
La prison accueillait 1 000 détenus. En mai dernier, 400 taliban présumés avaient fait la grève de la faim pendant huit jours pour dénoncer les tortures et réclamer des procès équitables. Le mouvement avait cessé suite à la médiation de parlementaires. Selon l’un de ces parlementaires, Nourul-Haq Ouloumi, une cinquantaine de détenus s’étaient cousu les lèvres en signe de protestation.
Combien ont réussi à quitter la prison à la faveur de l’attaque des taliban ?« Je ne peux pas donner de chiffre précis car l’enquête est encore en cours et nous sommes en train de compter les prisonniers restés dans la prison. Plusieurs centaines de détenus sont restés dans la prison », a expliqué Mohammad Qasim Hashimzai, vice-ministre de la justice. « Les forces de sécurité afghanes ont lancé une vaste chasse à l’homme pour retrouver les évadés. Elles passent la ville au peigne fin, ainsi que les routes principales et secondaires », a ajouté le vice-ministre. « Toutes les capacités de la FIAS sont mises en œuvre pour retrouver les évadés », a précisé le général Carlos Branco, porte-parole de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).
Le bilan humain est également très lourd. Au moins quinze gardiens ont été tués. « Nous avons découvert les corps de quinze gardiens » dans les décombres, et « il pourrait y en avoir encore d’autres », a expliqué Ahmad Wali Karzaï, qui dirige le conseil de la province de Kandahâr et est l’un des frères du président Hamid Karzaï.
Depuis le début de l’année, les rebelles ont multiplié les attaques spectaculaires. En avril dernier à Kaboul , un commando avait attaqué le défilé militaire commémorant le seizième anniversaire de la victoire des moudjahidine sur les communistes, tuant six personnes, dont un parlementaire. Le président afghan, Hamid Karzaï, participait à cette cérémonie.
En janvier, une autre attaque spectaculaire avait fait également six morts dans l’hôtel de luxe Serena, situé dans l’un des quartiers les plus protégés de Kaboul. Le mode opératoire rappelle celui employé dans l’opération visant la prison de Kandahâr.
Un commando de quatre hommes avaient participé à l’attaque. L’un d’eux s’était fait exploser à l’entrer de l’hôtel, ouvrant la voie à ses camarades. Ils avaient lancé des grenades et ouvert le feu à la Kalachnikov, avant de prendre la fuite.
En mars, des rebelles avaient également attaqué un complexe gouvernemental abritant, dans la province de Khôst, une base de l’Otan en deux temps, combinant un assaut conventionnel pour éliminer les gardes avant de lancer une attaque suicide à l’aide d’un camion bourré d’explosifs.
Avec AFP et Reuters


