L’incident remonte au 11 mai. Lors d’une séance de tir dans la périphérie ouest de Bagdad, un soldat américain a, semble-t-il, utilisé un exemplaire du Coran comme cible. L’affaire a été rendue publique par l’armée américaine qui a renvoyé le soldat incriminé. Le président Bush a tenté de couper court à la polémique en appelant mardi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki pour présenter ses excuses.
C’est en Afghanistan, dans une province relativement calme, que l’affaire a rebondi jeudi de manière inattendue même si mardi plusieurs dizaines de députés afghans ont bruyamment quitté le Parlement en signe de protestation cette nouvelle affaire de profanation du Coran.
Environ 2 000 personnes se sont réunies dans la ville de Chaghcharan, chef-lieu de la province de Ghor. « Menée par des éléments proches des taliban, la manifestation a dégénéré. Un grand nombre de personnes a tenté d’attaquer une base militaire lituanienne de l’Otan, un bâtiment des Nations unies et des immeubles officiels », a affirmé le chef de la police de la ville, Shah Jihan Nouri, qui avait déployé 300 hommes pour tenter de contenir les manifestants. « Nous avons pu les arrêter. La situation est désormais sous contrôle », a-il ajouté.
Des coups de feu ont été tirés lors de la tentative d’assaut des manifestants contre la base de la Force internationale d’assistance à la sécurité sur l’aérodrome de Chaghcharan. « Un soldat (lituanien : ndlr) de la FIAS et deux Afghans ont été tués. Un soldat de la FIAS, sept civils afghans et 10 soldats afghans ont été blessés », par des tirs et des jets de pierres, a déclaré le général Carlos Branco, porte-parole de la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’Otan.
Située à la limite de la ceinture pashtoune, la province de Ghor n’en demeure pas moins travaillée par les taliban depuis les période 2005/2006 A cette époque, ils ont repris pied dans les districts du sud de la province, frontaliers d’importants bastions des taliban (Helmand, Ourouzgân et, dans une moindre mesure, Farah). En 2007, l’Otan faisait état de la présence d’importants groupes de rebelles.
Le 8 mai dernier, six insurgés, dont le gouverneur et le chef de la police nommés par les taliban, ont été tués lors d’affrontements avec la police. Ils appartenaient à un groupe de dix rebelles en provenance de la province méridionale de Helmand.
Avec AFP et Reuters

